Bio-Techne à 50 ans : Cinq décennies d’évolution de la plateforme
Invité : Kim Kelderman, chef de la direction, Bio-Techne
Animateur : Kyle Boucher, vice-président, analyste de recherche, Instruments des sciences de la vie et de diagnostics, TD Cowen
Nous nous entretenons avec le chef de la direction de Bio-Techne, Kim Kelderman, pour discuter du 50e anniversaire de Bio-Techne, de l’innovation, de l’évolution du portefeuille et des piliers de croissance à venir. Depuis 1976, Bio-Techne propose une vaste gamme de réactifs critiques, de tests et d’instruments analytiques pour les clients des secteurs du diagnostic, de la pharmaceutique, de la biotechnologie et du milieu universitaire, et a créé l’un des portefeuilles les plus axés sur les consommables dans le domaine des instruments des sciences de la vie. Le chef de la direction, M. Kelderman, revient sur l’histoire de Bio-Techne, notamment sur les 10 dernières années où le portefeuille s’est agrandi grâce à plusieurs acquisitions ciblant de multiples segments verticaux à forte croissance qui ont jeté les bases du prochain cycle de croissance.
Ce balado a été enregistré le 3 mars 2026.
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Kyle Boucher :
Je m’appelle Kyle Boucher et je suis l’un des analystes, Sciences de la vie et Outils de diagnostic à TD Cowen, et j’ai le plaisir d’être accompagné par Kim Kelderman, chef de la direction de Bio-Techne, ici en direct à la 46e conférence annuelle sur les soins de santé de TD Cowen. On est ravis de vous accueillir, Kim.
Kim Kelderman :
Oui, merci Kyle. Merci de nous accueillir.
Kyle Boucher :
Alors, pour commencer, 2026 est une année importante pour Bio-Techne. L’entreprise célèbre son 50e anniversaire, ce qui est une étape importante. J’aimerais qu’on s’attarde un peu sur votre portefeuille de marques et sur la réputation que Bio-Techne s’est forgée au cours des 50 dernières années. Le marché final des sciences de la vie et des outils de diagnostic a dû faire face à de nombreux vents contraires au cours des quatre dernières années, et Bio-Techne a su traverser ces perturbations avec brio.
Pour commencer, Kim, pouvez-vous prendre un moment pour réfléchir aux 50 dernières années de Bio-Techne, au portefeuille que la société a constitué et à la façon dont elle a géré les difficultés récentes? Comment l’entreprise a-t-elle vraiment changé depuis votre arrivée en 2018?
Kim Kelderman :
Oui, merci pour la question. On est vraiment ravis de ce 50e anniversaire. Évidemment, on a commencé en tant que petite entreprise au Minnesota en 1976, et l’équipe était vraiment axée sur l’élaboration de normes et de contrôles pour les solutions d’analyse sanguine. Ça nous a donné une excellente position pour nous lancer dans les protéines et les sciences des protéines, ce qui nous a ensuite permis de passer aux anticorps.
Ça nous a permis d’acquérir un vaste portefeuille et un large accès aux marchés, où on pouvait réellement établir une interaction de qualité avec nos clients sur le plan scientifique. Et ça nous a donné l’occasion de détecter précisément l’orientation de ces marchés et quels sont les instruments clés qu’ils recherchent. À partir de là, on a eu l’occasion de réaliser des acquisitions stratégiques ainsi que de l’innovation interne pour nous positionner dans ces nouveaux marchés finaux à croissance rapide.
On les appelle les segments verticaux. Il s’agit de la thérapie cellulaire, de l’analyse protéomique, de la biologie spatiale et des instruments de diagnostic de précision. Et ça touche plusieurs domaines de recherche, particulièrement le cancer, les neurosciences, l’immunologie, le diabète et les thérapies de nouvelle génération. De plus, on s’est assurés que l’entreprise puisse soutenir l’évolution de la recherche jusqu’aux installations cliniques.
Bien sûr, il a fallu investir massivement dans des systèmes de qualité, mais aussi dans des installations qui peuvent être certifiées BPF (Bonnes pratiques de fabrication). On a maintenant l’occasion d’aider les chercheurs à toutes les étapes, de la recherche à la commercialisation. Et avec ça, plus personne n’a besoin de changer de fournisseur en cours de route, ce qui crée une valeur considérable. Pour nous, ça génère des revenus plus stables et durables au sein de ce portefeuille de base.
Kyle Boucher :
Vous avez brièvement parlé de vos piliers de croissance dans votre introduction. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre stratégie de croissance concernant ces piliers? Quelles sont vos priorités clés pour chacun d’entre eux dans le contexte et le marché des sciences de la vie et des outils de diagnostic?
Kim Kelderman :
Les quatre piliers de croissance sont évidemment très pertinents pour l’avenir. Ils sont tous liés à notre portefeuille de base parce qu’ils utilisent les réactifs. Ça rend ces solutions très attrayantes, mais ça permet également de garantir qu’on tire parti de ces réactifs à marge élevée. J’ai déjà mentionné la thérapie cellulaire. On est très enthousiastes quant aux occasions dans ce domaine : non seulement il s’agit de traitements qui changent des vies, mais on est organisés pour produire des réactifs BPF et en fournir de haute qualité.
On a accompli un travail fantastique en créant de nouveaux types de protéines fondées sur l’IA, générées par l’IA, qui présentent une plus grande spécificité ou une résistance accrue à la chaleur, et qui sont dès lors plus stables thermiquement. Il y a beaucoup d’innovation de ce côté. Ajoutez à ça l’acquisition prochaine de Wilson Wolf, une société qui crée le G-Rex; il s’agit d’un petit bioréacteur où l’on peut cultiver des cellules de manière très efficace, évolutive et aussi abordable. Ce sont des aspects très importants.
On estime que la société, qui participe maintenant à 45 % de toutes les études cliniques, possède une empreinte exceptionnelle. On dispose de réactifs essentiels, à marges élevées, qu’on peut intégrer dans cette unité, ce qui constitue une structure très prometteuse pour la thérapie cellulaire. Des besoins très similaires se manifestent également dans le domaine des organoïdes. Les organoïdes sont un domaine en croissance relativement rapide où il faut également manipuler et cultiver les cellules d’une manière spécifique afin de pouvoir analyser les données rapidement.
Et on intervient non seulement sur la création de ces organoïdes, mais aussi sur leur analyse. Voilà pour le pilier de croissance de la thérapie cellulaire. Si je passe aux instruments d’analyse protéomique, il s’agit d’instruments faciles à utiliser qui remplacent essentiellement des processus manuels lourds pour produire des données reproductibles. Les trois plateformes qu’on possède pour le test ELISA, le buvardage de Western et les processus biologiques sont toutes très prometteuses, précisément en raison des aspects que je viens de mentionner.
Par le passé, il y avait certainement une volonté de réduire le personnel dans les laboratoires. Il y avait une volonté de réduire les coûts et de s’assurer de pouvoir économiser sur les effectifs et la main-d’œuvre, et plus encore dans le secteur pharmaceutique, on visait la reproductibilité des résultats. À l’avenir, on prévoit une motivation supplémentaire pour obtenir des données réelles et quantifiées qu’on pourra stocker, étiqueter et analyser de manière adéquate.
Par conséquent, on est très optimistes quant aux trois plateformes dont on dispose. On constate une excellente traction pour chacune d’elles. On vient d’ailleurs de lancer Leo, qui permet des buvardages de Western à haut débit. On a la plateforme Ella sur le marché de l’ELISA, pour laquelle on a reçu le marquage CE en Europe, permettant ainsi aux entreprises de diagnostic d’utiliser notre plateforme. Enfin, on vient de lancer une cartouche ultrasensible qui nous permettra de nous positionner sur le marché des neurosciences.
Ainsi, on bénéficie d’un développement interne de nouveaux produits très soutenu, ce qui renforcera certainement encore davantage l’applicabilité de nos systèmes à l’avenir. Quant au troisième pilier de croissance, la biologie spatiale, on possède un portefeuille de réactifs très performants pour visualiser l’ARN dans des tissus intacts, et on a validé nos anticorps pour aider également à la détection de protéines dans ces tissus. Ça peut se faire sur la même lame, de manière très rapide, automatisée et à haut débit.
Nos solutions y seront également extrêmement différenciées. Elles s’appliquent aussi à l’oncologie, à la neurologie, à l’immunologie et aux nouvelles thérapies. On est vraiment très bien positionnés. Celui des quatre segments verticaux de croissance dont on parle le moins est le diagnostic de précision. On y a réalisé deux acquisitions. L’une d’elles était Asuragen, une entreprise qui se concentre essentiellement sur l’utilisation de plateformes largement accessibles, comme la qPCR, pour analyser des gènes difficiles à déchiffrer.
C’est pourquoi on était très enthousiastes à l’égard de cette société. Entre-temps, on a également fait l’acquisition d’ExosomeDx. Le secteur des laboratoires ne nous plaisait pas autant, car les marges étaient faibles et ça ne correspondait pas tout à fait à notre expertise. Cependant, la capacité de trouver des gènes difficiles à détecter est très importante pour nous. Désormais, en combinant ces deux entreprises, on sera en mesure de trouver des gènes difficiles à détecter et d’analyser des gènes difficiles à déchiffrer sur des plateformes couramment utilisées.
C’est certainement une position dont on est très fiers. Ce sont les quatre segments verticaux de croissance qui favorisent une croissance supérieure à celle du marché, sans que ça nuise à nos marges, car ils entraînent tous l’utilisation de nos réactifs de base à plus haute marge, et c’est là tout l’intérêt de cette stratégie.
Kyle Boucher :
D’accord. Pour passer maintenant de ce vaste portefeuille que vous avez bâti au fil des ans à l’aspect de la rentabilité, Bio-Techne affiche l’une des marges du BAII ajustées les plus élevées du secteur des instruments, et l’entreprise dispose d’une occasion substantielle d’accroître ses marges au cours des prochaines années. C’est stimulé par la reprise des marchés finaux et la montée en puissance de vos récentes fusions et acquisitions. Pouvez-vous nous parler un peu de ce qui sous-tend la forte rentabilité de Bio-Techne, de la résilience de votre portefeuille et de l’effet de levier dont vous disposez à mesure que la croissance interne s’améliore?
Kim Kelderman :
Oui, c’est comme on l’a mentionné plus tôt, les segments verticaux de croissance nous permettent de nous positionner et de rivaliser dans des domaines qui gagneront en importance à l’avenir. On y occupe des positions fantastiques qui nous permettent de stimuler la croissance du chiffre d’affaires. Certaines de ces solutions affichent d’ailleurs des marges élevées, comme le G-Rex, ainsi que certains de nos instruments et nos analyses protéomiques.
Par définition, ils entraînent l’utilisation de réactifs à très haute marge. Alors, vous nous voyez généralement avec une marge brute supérieure à 70 %. Ça continuera d’être le cas. En fait, on continue d’investir à la fois pour la croissance et pour la rentabilité, ce qui est une position unique. Parallèlement, on veille bien sûr à stimuler la productivité, à faire les choses plus intelligemment. On utilise l’IA de la bonne façon.
De plus, au cours de mes deux premières années, on s’est assuré d’examiner notre portefeuille et de nous départir de certaines activités à plus faible marge, celles dans lesquelles on n’était pas censés être d’un point de vue stratégique. En tenant compte de tout ça, on devrait être en mesure, dans des conditions de croissance normalisées, d’améliorer nos marges d’au moins 100 points de base par an.
Kyle Boucher :
Je vois. Pour conclure, quand vous regardez les deux à cinq prochaines années, qu’est-ce qui vous emballe le plus dans les marchés finaux que vous servez?
Kim Kelderman :
Oui, je pense que la position dans laquelle on se trouve est, encore une fois, relativement unique, et c’est quelque chose qui m’inspire vraiment. On a notre portefeuille de base, qui offre des marges élevées, mais qui nous donne surtout un large accès à pratiquement tous les secteurs de la recherche ou des activités translationnelles. Ça nous place dans une excellente position pour investir ensuite de manière sélective dans de nouvelles plateformes afin de pénétrer ces espaces et de créer une symbiose entre une plateforme différenciée et l’utilisation continue de nos réactifs.
Comme je l’ai mentionné, on a déjà investi et on est présents dans la thérapie cellulaire, où on a nos investissements internes en réactifs BPF, en plus du bioréacteur G-Rex de Wilson Wolf, qui viendra s’ajouter à l’analyse protéomique de Bio-Techne. On dispose de ces solutions automatisées pour l’ELISA, le buvardage de Western et les produits biologiques. En biologie spatiale, on a fait l’acquisition de la plateforme COMET, cet instrument d’analyse multiomique des patients à haut débit qui peut intégrer nos réactifs RNAscope ainsi que nos anticorps.
Enfin, il y a ce diagnostic de précision pour lequel j’ai déjà évoqué la combinaison des deux capacités qu’on y a développées. Comme je l’ai mentionné, on a veillé, en amont, à pouvoir accompagner nos clients tout au long du processus, de l’utilisation strictement réservée à la recherche jusqu’aux configurations BPF, afin qu’ils puissent pénétrer le secteur clinique avec nos produits; on les aide concrètement à y parvenir. Et on a toujours eu pour philosophie d’automatiser les processus manuels fastidieux et de veiller à ce que ces systèmes produisent des résultats de haute qualité et très reproductibles.
Et bien sûr, on devra disposer d’ingrédients ou de réactifs de haute qualité, très constants et fiables, qu’on utilisera dans ces configurations. Ces expériences produiront alors de meilleures données. On a toujours veillé à étiqueter ces données de manière à ce qu’elles soient exploitables au fil du temps, particulièrement avec l’émergence des grands modèles de langage pour donner un coup de pouce aux clients et accroître leur efficacité.
Au total, on couvre déjà un marché de 27 milliards de dollars, nos quatre segments verticaux ciblant des marchés à très forte croissance qui, par définition, affichent une croissance située entre 13 % et 17 %. Comme je l’ai souligné, on est vraiment bien positionnés pour réaliser d’autres fusions et acquisitions. Ça nous ouvre l’accès aux marchés. On a l’innovation interne. On a une structure financière sur laquelle on peut s’appuyer pour faire des acquisitions. On est de bons intégrateurs.
On dispose actuellement de ces quatre segments verticaux de croissance et on a encore beaucoup de marge de manœuvre pour continuer à progresser. Mais si on regarde les 50 prochaines années, rien ne nous empêche de lancer un cinquième ou un sixième pilier, pour ensuite répéter et déployer une stratégie très similaire à celle qui s’est déjà avérée fructueuse. En fin de compte, je suis aussi très fier de notre organisation.
On a connu une évolution fantastique. L’équipe a démontré une expertise scientifique très profonde tout en restant pertinente dans notre portefeuille de base. Elle a également prouvé qu’elle avait l’esprit tourné vers l’innovation, s’assurant qu’on réussisse tout autant dans de nouveaux domaines. Par conséquent, je crois que l’entreprise est idéalement positionnée pour continuer à améliorer la qualité de vie en catalysant les avancées de la science.
Kyle Boucher :
C’est un excellent tour d’horizon, Kim. On vous remercie sincèrement d’avoir été parmi nous. Merci beaucoup.
Kim Kelderman :
Merci, Kyle.
Voix hors champ :
Merci d’avoir été des nôtres. Ne manquez pas le prochain épisode du balado Insights de TD Cowen.
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Vice-président, analyste de recherche, Instruments des sciences de la vie et de diagnostics
Kyle Boucher
Vice-président, analyste de recherche, Instruments des sciences de la vie et de diagnostics
Kyle Boucher
Vice-président, analyste de recherche, Instruments des sciences de la vie et de diagnostics
Kyle Boucher est responsable du secteur des instruments des sciences de la vie et de diagnostics Il s’est joint à TD Cowen en 2020 avec un baccalauréat en administration des affaires du Stonehill College.